Le monde étrange d'Aloys Alzheimer
Une branche du rosier s'est affaissée et j'ai peur qu'elle raye la voiture quand je la gare. Mon sécateur a disparu ! La batterie de ma petite scie électrique est vide.
JM vient voir ce que je fais.
Il me regarde d'un air absent.
On respire calmement...
Le lendemain, je trouve JM dans le couloir. Dans ses mains : un pied de biche, un bidon de lubrifiant et un tournevis.
Et un peu plus tard :
Il y a quelques années, ces deux situations mises bout à bout m'auraient fait exploser. "Tu te f*** de moi ? Tu as un atelier plein d'outils et de machines, mais tu ne peux pas me trouver une scie. Par contre, pour la porte qui t'énerve parce qu'elle couine, alors là, tu trouves tout le matériel...".
Mais Aloys m'a éduquée. Je sais qu'il ne réagit qu'à une situation qui le touche vraiment. La porte qui couinait l'énervait. La branche du rosier ne l'intéressait pas. Je sais que parfois, sans rien me dire, il va dans son atelier pour essayer de trouver un outil, une solution à un problème qui lui trotte dans la tête. Le plus souvent, il abandonne.
Je sais que m'énerver, lui crier dessus ne sert à rien, juste à le mettre face à ses échecs. Et à provoquer une crise de désespoir.
La porte ne couine plus, et c'est une victoire ! Il a trouvé le matériel nécessaire, il a accompli les "bons gestes techniques". Je lui ai dit que j'étais bien contente de ne plus entendre ce bruit agaçant. Il avait son plus beau sourire.
D'autant plus que ce couinement me portait aussi sur les nerfs !
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